|
C'est en 1975 que s’impose l'idée de collège unique, par la
mise en œuvre de la loi Haby qui supprime les filières au collège.
La
loi d'orientation sur
l'éducation , du 10 juillet 1989, s'inscrit dans la
continuité de cette volonté, tout en tenant compte des évolutions de
la société, notamment de la nécessaire élévation des niveaux de
formation, dans un monde en pleine mutation. L'un des objectifs alors
affichés est "de conduire […] l'ensemble d'une classe d'âge au
minimum au certificat d'aptitude professionnelle ou au brevet d'études
professionnelles et 80% au baccalauréat".
Tout en poursuivant les mêmes objectifs, la loi de programmation du
Nouveau contrat pour l'école du 13 juillet 1995 de François
Bayrou, modifie l'organisation des enseignements au collège. Désormais
celle-ci se fonde sur trois cycles, répartis en quatre niveaux d'une
durée d'un an chacun. Le palier d'orientation de fin de cinquième est
définitivement supprimé. Le décret n°96-465 du 29 mai 1996 en
cadre l’application. Les structures sont ainsi rénovées, les
programmes le sont également.
Le collège unique est
globalement un succès, puisqu'il a permis en vingt ans de passer d'un
taux de scolarisation de 30% d'une classe d'âge atteignant la fin de
cinquième à la scolarisation quasi totale des élèves jusqu'en
troisième.
Il n’en reste pas moins vrai que des problèmes importants ont surgi,
liés pour l’essentiel à la question de l'hétérogénéité des niveaux, au
traitement de la difficulté scolaire que certains élèves connaissent
parfois depuis le début de leur scolarité et que l'évaluation
nationale conduite à l'entrée en sixième confirme rapidement. Des
problèmes plus aigus encore apparaissent, en relation avec le
comportement de certains adolescents.
Pour pallier ces difficultés,
Ségolène Royal propose, après une consultation des acteurs
pédagogiques, préparée et analysée par François Dubet, quarante
mesures pour le Collège des années 2000. Celles-ci sont
présentées dans le
Bulletin officiel n°23
du 10 juin 1999. Elles réaffirment la nécessité de mieux prendre
en compte la diversité des publics accueillis, de diversifier les
pratiques pédagogiques et d'améliorer les conditions de vie dans les
établissements.
Jack Lang, en avril 2001,
imprime un nouvel élan à la poursuite de la réforme du collège. Après
avoir consulté les différents acteurs et responsables du système
éducatif et les conclusions d'une commission d'experts dirigée
par le recteur Philippe Joutard et chargée par le ministre de
réfléchir aux évolutions du collège.
Cette nouvelle impulsion s'inscrit dans la logique des décisions
antérieures. Le "collège républicain" se doit d'être "pour
tous et pour chacun" ; il doit préserver l'unité d'une culture
générale commune mais en même temps s'ouvrir, sur le plan pédagogique,
à la diversité de son public.
Guidées par cette double ambition, les
nouvelles orientations
pour l'avenir du collège articulent de façon plus lisible les
principes fondateurs et les mesures qui les concrétisent. Elles
insistent sur les nécessaires évolutions pédagogiques qui seules
autoriseront une véritable personnalisation des parcours. Elles
laissent enfin à chaque établissement la part d'autonomie suffisante
pour que soient réellement prises en compte les contraintes qui lui
sont spécifiques.
La mutation du collège, certes
loin d'être achevée, se poursuit. Elle ne pourra convenablement
s’accomplir que dans une double exigence d’équité et de qualité : il
s’agit en effet aujourd’hui de résorber les inégalités sociales et
géographiques et de maintenir rigoureusement le niveau des savoirs et
des compétences que chaque collégien doit atteindre.
Après avoir démocratisé l'accès au secondaire, il faut faire en sorte
maintenant de démocratiser la réussite au collège.
© Ministère de la Jeunesse,
de l'Éducation nationale et de la Recherche
Direction de l'Enseignement scolaire - 21 décembre 2001
|