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ATELIER : « Recherche documentaire –TICE- et
méthodologie du projet»
ESPACE : CDI/CFDI
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Objectifs et
finalités d’apprentissage :
1.Savoirs:
compétences en informatique, en linguistique, et culturelles
-Brevet
Informatique et Internet (B2I)
-Connaissance en français et en bulgare
-Connaissance des deux régions
2.Savoir-faire : compétences méthodologiques
-techniques pour agir sur l'information (trier,
choisir, donner à voir l'essentiel, traduire)
-techniques pour rechercher l'information, la
documentation.
3.Savoir-être :
compétences liées à la socialisation
-prendre conscience des exigences du travail
collaboratif
-prendre
l'habitude de travailler en groupe
-découverte
des "Autres" dans leur différence culturelle
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SOMMAIRE
Evaluation qualitative
1.Vue d’ensemble des activités de
l’atelier et des résultats
2.Evaluation du travail
Résultats
concrets (diffusion des
travaux)
Des
OUTILS
1.Le Carnet de
Bord
2.Le Site-Forum
-Objectifs pédagogiques du forum
-Finalités principales du Site-forum:
a).Analyse et critique des préjugés et des
stéréotypes
b).La correspondance scolaire et l’échange en
langue étrangère
CONCLUSION
Trois types d’activités ont dominé l’échange
Quel type
d’échange ?
1.Linguistique ?
2.Vers
un apprentissage interculturel : l’impact de l’expérience
Quel type
de projet mettre en œuvre ?
La classe
patrimoine : lieu éducatif et de formation interculturelle
Evaluer le séjour: le
questionnaire
Et les problèmes aussi
sont formateurs !
Evaluation qualitative
1.Vue d’ensemble des activités de
l’atelier et des résultats
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Période et lieu |
Activités |
Résultats
(sous
forme de) |
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Septembre – octobre
CDI du Collège
d’Aix-en-Provence |
-présentation
des élèves français et constitution des groupes
-recherche
documentaire sur la Bulgarie
-envoyer aux
partenaires des documents sur la Provence
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- fiches
individuelles et de groupes
-lettres ouvertes
des élèves
-prise de note,
résumés
-colis (prospectus
publicitaire, revues, magasines, vidéos,…)
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Période et lieu |
Activités |
Résultats
(sous
forme de) |
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Novembre
(visite
préparatoire en Bulgarie)
CFDI du Lycée
bilingue de Haskovo
Lycée de Kardjali
et
d’ Ivailovgrad
|
-remise des
fiches de présentation et des lettres ouvertes des élèves
français
-présentation
des élèves bulgares et constitution des groupes
-envoyer aux
partenaires des documents sur les Rhodopes
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-découverte de l’ « autre »
et discussion
-fiches
individuelles et de groupe
-lettres ouvertes
des élèves
- colis
(prospectus publicitaire, revues, magasines, vidéos,…) |
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Période et lieu |
Activités |
Résultats
(sous
forme de) |
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Décembre - mars
CDI d’Aix/et au
CFDI des trois établissements scolaires bulgares
(consignes au mois
de novembre et à distance
– via Internet)
|
-remise des
fiches de présentation et des lettres ouvertes des élèves
bulgares
-constituer un
dossier documentaire ou panneaux d’affichage
sur un thème de
leur choix
-tenir un Carnet
de Bord
(remis à chaque
groupe au mois de janvier) |
-découverte de l’ « autre »
et discussion
-acquisition de la
démarche de projet (les 6 étapes)
=thèmes en
collaboration étroite avec les professeurs de français et d’histoire
– géographie
(voir liste des
productions)
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Période et lieu |
Activités |
Résultats
(sous
forme de) |
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Avril
(séjour de
bulgares en France)
CDI du Collège
D’Aix-en- Provence
|
- présenter une
exposition au CDI
(travaux des
élèves bulgares)
-présenter le
site-forum aux élèves français et bulgares
(fonctionnement et
inscription)
-visiter les
villes et la région
(voir : programme
de visite)
-« Viens
visiter ma ville » et « patrimoine historique »
(fiches voyage)
-Observer et
étudier les différents styles architecturaux
(maisons
provençales à comparer avec les maisons de la renaissance bulgare)
|
-panneaux
d’affichage
(thèmes abordés
autour de la Bulgarie antique et moderne)
-discussion et
création des rubriques
(patrimoine
culturel et naturel de vos deux régions)
-Journal du voyageur
(« Mes
impressions » - fiches + forum)
-itinéraire de
balade
(par l’élève–guide
français)
-photos, croquis,
commentaires
(page Web en
construction) |
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Période et lieu |
Activités |
Résultats
(sous
forme de) |
|
Mai
CDI d’Aix/CFDI des
trois établissements scolaires bulgares
(consignes au mois
d’avril et à distance - via Internet) |
-correspondre
personnellement et participer au Forum
|
-messages déposés
dans différentes rubriques du Forum |
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Période et lieu |
Activités |
Résultats
(sous
forme de) |
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Juin
(séjour des
français en Bulgarie)
CFDI des trois
établissements scolaires |
- présenter une
exposition au CFDI
(travaux des
élèves français)
-visiter les
villes et la région
(voir : programme
de visite)
-« Viens
visiter ma ville » et « patrimoine historique »
(fiches)
-observer et
étudier les différents styles architecturaux
(maisons de la
renaissance bulgare à comparer avec les maisons provençales)
|
-panneaux
d’affichage
(thèmes abordés
autour de la Provence et des gallo-romains)
-Journal du
voyageur
(« Mes
impressions » fiches + forum)
-itinéraire de
balade
(par l’élève–guide
bulgare)
-photos, croquis,
commentaires
(page Web en
construction) |
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Période et lieu |
Activités |
Résultats
(sous
forme de) |
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Septembre
CDI d’Aix
|
-s’auto- évaluer
(enseignants et
élèves)
-mettre en place
un
« COIN Bulgarie »au CDI d’AIX
|
-questionnaires
(dépouillement)
-espace Europe :
découverte
culturelle pour tous les élèves de collège |
2.Evaluation du travail
|
Problème majeur: le manque de temps
D'un autre côté, demander aux élèves de venir
travailler (car c'est quand même perçu comme un travail!) en dehors
des cours (au CDI/CFDI) n'est pas toujours facile... Enseignement
limité à deux heures par semaines (atelier extra-scolaire), soit un
total de 20/30 heures réparties sur 9 mois (septembre à mai).
La première difficulté résulte d’un manque de
motivation ressenti par les élèves qui ne comprennent pas tout de
suite les
finalités de cet apprentissage. La motivation n’était donc présente
qu’à la veille de la tant attendue arrivée des correspondants.
Le travail prenait alors tout son sens et tous
participaient activement et solidairement aux préparatifs de
l’accueil.
Ce manque de motivation s’est moins vérifié du côté des élèves
bulgares pour qui la langue française représente une possibilité
d’ouverture vers l’Europe.
Pour pallier ces
nombreuses difficultés, j’ai dû recourir à des moyens susceptibles
de créer un désir réel et durable d’apprentissage chez les élèves.
Quelques exemples
parmi d'autres:
Le forum de
discussion (salons thématiques)
La mise en ligne de leur travaux
La préparation par
les élèves eux-mêmes du séjour (accueil) s’est révélé également un
excellent instrument de motivation.
Préparation de
petits dépliants, prospectus touristiques pour chaque ville et site
à visiter en Provence. Dépliants qui ont donnés lieu d’abord à une
exposition au CDI du Collège Mignet au mois d’avril et ensuite à une
exposition itinérante dans les trois établissements partenaires
bulgares (elle leur a été confiée à leur départ).
Quelques
frayeurs mais
surtout beaucoup de joie et de satisfaction!
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Résultats concrets
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Ont été préparés
les documents suivants :
( CDI/CFDI)
a) Panneaux
d’affichage, dossiers, Cdrom, vidéo, album photos, dessins, pages
Web.
b)
La partie
"publiable" des résultats sera prochainement visible sur le site du
Collège Mignet et sur le Site-Forum – échange franco-bulgare
|
Des
OUTILS:
1.Le
Carnet de Bord
Ø
Le Carnet de Bord est envisagé
comme un moyen, un outil au service des enseignants afin de suivre
le projet des groupes et donc de les accompagner dans leurs démarches et
de les conseiller.
Pour leur
projet je voulais que chaque groupe produise des travaux originaux
(dossiers documentaires, panneaux d’affichage, Cdrom, vidéo, pages Web…)
et non un simple recopiage de livres, d’œuvres artistiques.
Après avoir
envisagé différentes solutions j’ai opté pour le Carnet de Bord qui
permettait d’avoir un suivi régulier du travail des élèves et
garantissait leur « créativité ».
Grâce au
Carnet de Bord les élèves, regroupés par 5, travaillaient en autonomie
sur les thèmes qu’ils avaient librement choisis (nos ancêtres, nos
coutumes ancestrales, les personnages célèbres bulgares, ma région, ….)
On peut
s’appuyer sur le Carnet pour suivre mais aussi pour évaluer le travail
effectué, le travail restant à faire, le fonctionnement du groupe…
C’est un outil
de suivi, d’évaluation et non l’objet de l’évaluation car c’est un
document de travail qui doit porter les traces de leurs hésitations et
non un produit final qui doit être noté (cela dit un Carnet de Bord bien
tenu donne des gages certains de réussite)
Lors des
séances au CDI/CFDI les professeurs peuvent faire le point avec chaque
groupe qui présente oralement puis à l’écrit leur vision de l’avancée
des travaux, les problèmes rencontrés.
Ces séances
ont pour finalité de recadrer, et de débloquer certaines situations (peu
d’informations recueillies, problèmes de cohabitation au sein du groupe,
difficultés à exploiter les informations recueillies…)
Cette nouvelle
manière d’apprendre est très autonome et active. Je m’appuie sur une
approche constructiviste selon laquelle l’apprenant n’est pas un
réceptacle passif de l’information, mais est, au contraire, acteur de la
construction de ses connaissances. Mes réflexions se sont enrichis
également des travaux portant sur la dimension socioculturelle de
l’acquisition
2.Le SITE-FORUM:
LA PASSERELLE
« Construire
une Passerelle vers la connaissance d’autres hommes et d’autres
cultures, là où le blocage et les préjugés de toutes sortes empêchent
une véritable communication. La frontière entre le moi et l’Autre
recoupe celle entre les différents pays : l’Autre est celui qui habite
de l’autre côté de la frontière (rivière) , qui parle une autre langue
et appartient donc – par définition – à une autre culture. C’est cette
« rivière » que les élèves ont à franchir. Au
contraire la connaissance de l’Autre doit aboutir à mieux se connaître
soi-même et être l’ambassadeur de son pays, de sa langue et de sa
culture ».
Qui dit citoyenneté européenne, dit en même
temps éducation à celle-ci et découverte d’un sentiment
d’appartenance.
Ce contact subi avec les autres, qui devient
contact éducatif et donc réfléchi,
exige beaucoup de soin et d’attention.
La rencontre avant la rencontre (avant le
séjour) :
Création du Site-Forum au mois
de mars avant l’arrivée des élèves bulgares à Aix (présentation faite au
CDI du Collège Mignet)
Objectifs pédagogiques du forum :
L’échange de
documents réalisé par les groupes d’élèves a dans le cas du forum les
sept objectifs suivants :
1-
motiver à l’apprentissage de la langue étrangère;
2-mieux connaître son propre environnement pour pouvoir le
communiquer (Provence et Rhodopes);
3-
découvrir l’environnement d’un autre pays européen (La Bulgarie) ;
4-
commencer à intégrer la dimension européenne dans la vie scolaire et
créer un axe Est-Ouest;
5-
améliorer les compétences linguistiques, communicatives et de recherche
documentaire des apprenants ;
6-
établir un contact en vue de rencontres ou de visites;
7-
impliquer l’établissement et ses partenaires municipaux (Musées, Maisons
de la Culture..)
Les Nouvelles Technologies peuvent aider à
établir des échanges permanents entre classes entières et, à la
différence des échanges de documents traditionnels, elles enthousiasment
les élèves et leur suggèrent une façon plus active de travailler.
Finalités principales du Site-forum:
Ma recherche a été guidée par l’interrogation suivante : « quels sont les
stéréotypes véhiculés par les médias et les manuels dans leur partie consacrée à la
civilisation et qu’apportent-ils à l’apprentissage interculturel ?
Comment préparent-ils à la rencontre avec une autre culture ? »
Toute ces interrogations m’ont poussées à créer un Site-Forum où les
élèves pourraient découvrir à loisir le charme de la Provence et des
Rhodopes, grâce à un montage-iconographique.
Toutes ces
« vues-liens actifs » imbriquées en forme de mosaïque sous le titre
de
"carte postale virtuelle de
Provence"
et
"carte postale virtuelle des
Rhodopes"
leur permettraient de se rendre
compte, par eux-mêmes, des contrastes de chacune de ces cultures en
visitant les sites culturels et institutionnels qui leur sont ici
offerts.
Les élèves seraient ainsi amenés à prendre conscience de ce qu’est un
stéréotype et à l’appréhender de manière problématique : en effet
derrière chaque image-cliché il y a une toute autre réalité
culturelle à découvrir .
Il faut leur
donner les moyens par l’interrogation et ensuite par l’analyse de leur
différence (c’est-à-dire
de la différence de leur propre histoire et de celle de leur(s)
correspondant (s)) de construire une identité.
Peut alors
s’élaborer, tout au long de l’échange une confrontation des « images,
représentations réciproques », (reportage photographique à l’issu du
voyage)
L’objectif est, d’une part, sur le plan didactique, le perfectionnement
des connaissances dans une langue étrangère ( le français et une
sensibilisation au bulgare) et le moyen de rendre l’enseignement de ces
deux langues vivantes plus authentique, et d’autre part, sur le plan
culturel, une meilleure connaissance de l’Autre et – à travers lui – de
soi-même.
La
remise en question de l’espace-classe, lieu refermé sur lui-même, la
préparation d’une rencontre authentique où la langue étrangère sera
utilisée pour de vrai.
En somme ce Site-Forum prétend créer un espace de dialogue
interculturel qui privilégie l’esprit de tolérance, de respect des
différences et une meilleure connaissance de sa propre identité
(individuelle et sociale).
Tout cela ne suffit certes pas à préparer la rencontre, mais c’est un
point de départ fécond et cela permet déjà de montrer que l’objectif de
construction d’une identité prime, sous la forme d’un patrimoine à
transmettre, à partager.
CONCLUSION
Etant donné la courte durée du voyage ( respectivement : une semaine
pour le séjour des bulgares et 12 jours pour le séjour des français),
l’objectif principal est de sensibiliser les élèves participants à
l’apprentissage de la langue-culture de ces deux pays européens en
faisant naître en eux des besoins réels et immédiats de communication
orale et écrite.
On
considère comme participants non seulement ceux qui voyagent ou qui
hébergent, mais aussi tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre,
contribuent à l’accueil dans les salles de classe (enseignants des
quatre établissements), qui encadrent pendant la récréation et au cours
des visites et des activités extra-scolaires.
Trois types d’activités ont dominé l’échange :
-Les
activités extra-scolaires : tous les élèves et les enseignants
accompagnateurs y ont été conviés (visites de
sites d’intérêt historique ou écologique, rencontres sportives, soirées culturelles ou
dansantes avec présentation des spectacles préparés par les élèves d’une
des trois villes bulgares , Kardjali).
-Le partage
de la vie quotidienne à l’école et dans la famille d’accueil :
immersion totale de l’élève dans la vie scolaire et familiale.
Quel type d’échange ?
Nous considérons que les échanges ont un rôle « actif » à jouer dans
l’apprentissage des LV. Dans le cas de ce projet il s’agit du français
langue étrangère (FLE) dans les lycées bilingues en Bulgarie.
En effet,
l’enseignant peut faire en sorte que son objet de cours transforme une
matière scolaire sclérosée et cloisonnée en un véritable instrument de
communication nécessaire et utile. L’échange est un moyen de motivation
mis à leur disposition.
Enfin, les
échanges scolaires s’intègrent parfaitement dans les nouvelles
méthodologies centrées plus sur les sujets apprenants (leurs besoins et
leurs souhaits) que sur l’objet d’apprentissage : méthodologie de l’être
et non de l’avoir.
Dans l’échange les élèves et les professeurs sont confrontés alors à une
situation d’apprentissage nouvelle: nouvelle conception de la langue où
l’élève apprend surtout pour réinvestir ses acquis dans des situations
réelles d’échanges langagiers.
Pour les
premiers, il s’agit donc de mettre en pratique les acquis linguistiques
de leurs élèves.
Il faut
souligner cependant que cela ne constitue pas le premier enjeu pour les
élèves eux-mêmes; ces derniers sont plutôt motivés par l’idée du voyage,
par la rencontre de jeunes différents et semblable à eux, et plus loin
derrière par la découverte d’un pays et d’une culture dont ils n’ont
qu’une idée vague et stéréotypée.
Pour les enseignants, c’est un défi et en même temps une occasion de
réfléchir à la notion d’identité, d’interculturalité.
Lors des
réunions d’informations qui précèdent le voyage, nous n’ insistons
jamais assez auprès d’eux sur cet aspect.
Ateliers:
où on leur propose des activités de lecture, d’écriture, études de
documents (différents supports) concernant la Bulgarie et la France pour
assurer une meilleure préparation linguistique et culturelle au voyage.
On leur demande également d’élaborer un matériel écrit et visuel
concernant leur pays, la commune et le lycée d’où ils viennent.
Mais si, comme nous venons de le voir, l’échange est d’abord « la
mise en relation d’élèves appartenant à des systèmes scolaires
différents et parlant des langues différentes en vue d’une meilleure
compréhension de l’ « Autre» et de soi, le perfectionnement
linguistique, et enfin la réalisation d’activités communes », un
problème se pose dans les pays à langue de faible diffusion dont le
système scolaire réserve une place importante à l’apprentissage des
langues internationales anglais, français, allemand , espagnol.
Dans ces pays
(la Bulgarie notamment ici), les apprenants sont des demandeurs
fortement motivés qui souhaitent très tôt établir des contacts avec des
jeunes de leur âge dans les pays dont ils apprennent la langue.
Mais le
fait que leur langue ne soit enseignée hors de leur pays que très
exceptionnellement ne joue pas en leur faveur. Quel intérêt le bulgare
peut-il susciter en Europe occidentale ?
Les éventuels
partenaires français que j’ai rencontré, n’y voyaient, le plus souvent,
qu’une « perte de temps ».
Il faut faire
accepter que l’échange ne soit pas exclusivement linguistique. Il est
important de dépasser le cadre strict d’échanges linguistique
Par ces échanges il s’agit d’accueillir aussi les pays de l’Europe
centrale et orientale qui viennent juste de sortir de leur isolement.
Les établissements scolaires des ces pays frappent désormais à la
porte.
Ce
type de projet est marginal puisque préparé en dehors des heures de
classe (extra-scolaire) et vécu souvent pendant des vacances scolaires
(ce qui n’a pas été le cas ici).
Il
ne touche qu’un petit nombre d’élèves mais il questionne la système
traditionnel d’apprentissage. Si l’on veut éduquer de futurs citoyens,
il est indispensables de les initier à la diversité et à la complexité
du réel et de leur permettre de l’aborder comme une donnée normale de
l’existence. Une pédagogie interculturelle ne peut se contenter de
donner un aperçu de connaissances sur tel ou tel pays étranger. Elle
s’adresse à tous et doit viser à former l’adolescent dans sa relation à
lui-même et à autrui.
« La possibilité d’entrer en relation avec l’Autre, différent dans ses
origines, ses habitudes, son milieu social, est possible à un sujet
structuré dans la confiance et la capacité d’adaptation et qui a
conscience de la part culturelle de son identité » affirme Geneviève
Zarate.
La lutte
contre la montée de la xénophobie et du racisme passe par l’éducation de
la génération qui devra inévitablement gérer un monde pluriel.
L’école y a sa
responsabilité aux côtés de la famille et de la société.
Quel type de projet mettre en œuvre ?
Comment organiser concrètement un projet d’échange entre des
établissements bilingues et un collège français ?
Quatre établissements scolaires, quatre
villes, deux pays, deux langues,
mais un seul projet !
Les élèves se sont rendus aussi bien en France qu’en Bulgarie sur des
sites remarquables par leurs qualités artistiques, historiques ou
paysagistes.
Le patrimoine
considéré a été aussi bien un ensemble architectural (monastère, église,
pont romain, …) qu’un terroir (un village, …) , un milieu naturel (un
mont, un fleuve,…).
Une des caractéristiques de ces classes est d’associer des enseignants
et des professionnels du patrimoine, archéologues, architectes,
conservateurs, artisans….
Les élèves ont
découverts et étudiés les lieux grâce à des cours donnés sur place, qui
ont été accompagnés d’enquêtes et d’entretiens avec des personnes liées
au site (le Pont du Gard, la Camargue, Perpérikon à Kardjali, Mések à
Haskovo, Musée ethnographique d’Ivailovgrad…)
Le tout a été
ensuite complété par des ateliers conduits par des professionnels. Par
exemple à Haskovo les élèves ont participé à des ateliers de production
artisanale : peinture sur argile, fabrication de marténitza....
La classe patrimoine s’accompagne d’un projet, et ne peut se concevoir
sans un amont et un aval, aussi bien du côté de l’enseignant et de ses
élèves que du côté des responsables du site (animateurs,
professionnels).
L’enseignant arrive avec une réflexion préalable qui tient surtout aux
objectifs pédagogiques qu’il définit en matière de savoirs, de
savoir-faire et de savoir-être. Il vient aussi avec un désir de
travailler sur un patrimoine choisi en raison de son intérêt par rapport
à un programme, à des goûts personnels, à une réponse adéquate qu’offre
le site, la ville , le région visitée.
Le
thème de l’architecture m’a particulièrement intéressé (étude et
comparaison du style des maisons provençales et du style des maisons de
la renaissance bulgare).
Objectif
pédagogique :observer, initier le regard. Il se centre sur le patrimoine
architectural c’est lui que l’on regarde, que l’on tente de cerner, et
qui inaugure une réflexion sur la notion même de patrimoine, renvoyant
finalement à la notion d’identité, la manière d’être et de penser le
monde.
Naguère chez les voyageurs la réflexion, la vision s’exprimait dans le
récit. Dans cette expérience d’échange et de classes du patrimoine j’ai
prévu que les élèves-voyageurs utilisent plumes et papier, associés aux
nouveautés techniques, pour fixer leurs observations (la photographie,
le dessin-croquis).
Projet Comenius 1 : ce projet d’échange, linguistique au départ,
est davantage un projet « classes européennes du patrimoine ». Elles
représentent une variante que les professeurs de langue peuvent
exploiter.
La différences
essentielles réside dans le contenu et les modes. En effet, le
patrimoine concentre toute l’attention et le travail ; il est au cœur de
l’échange, et il ne se réduit pas à un thème annexe, un support
accessoire pour l’apprentissage de la langue.
La langue
n’est d’ailleurs pas dans ce cas le but. Elle est conçue comme le
véhicule, le vecteur indispensable de l’échange qui, lui, concerne la
valeur culturelle du patrimoine. D’où le choix de thèmes-salons du
forum : patrimoine culturel et naturel de la Provence et des Rhodopes.
Evaluer le séjour: le questionnaire
C’est à l’élève d’évaluer l’apport du séjour effectué à
l’étranger. Il s’agit ici d’une tâche complexe que l’élève doit remplir
en peu de temps s’il veut profiter au maximum d'un séjour si bref et
intense à la fois.
Les
visites préparatoires ont signifié pour moi plusieurs jours de réflexion
et un attachement à bien déterminer les objectifs du travail pour
conduire les élèves, à bien intégrer une démarche méthodologique et
produire quelque chose qui donnera tout le sens à leur projet collectif.
Pour
les enseignants, il est dynamisant de prendre part à une expérience
pédagogique qui leur permettent d’accompagner les jeunes dans la
découverte d’eux-mêmes, des autres et du monde.
Au retour, le
groupe restera certainement très soudé et les liens demeureront étroits
et durables.
La
conscience est vive d’avoir réalisé et réussi ensemble un projet et
d’être à la fois capable de rentrer chez soi
et de voyager!
Et les
problèmes aussi sont formateurs !
Les
entretiens journaliers avec les élèves n’empêchent pas les situations de
conflits mais permettent de les laisser surgir et s’exprimer et
permettent de
tenter de les résoudre.
Plusieurs
jours de vie commune mettent chacun (élèves et enseignants aussi) en
situation de vérité et par conséquent la communication s’approfondit avec beaucoup de
sincérité et d’émotion.
Les
revendications sur les heures de couvre-feu, les limites imposées à la
liberté, les obligations quand on a la responsabilité, à l’étranger, de
28/30 adolescents, encore mineurs au regard de la loi, voilà des
sujets de discussion, bien animée, au sein de l’équipe.
Préoccupés également par l’organisation matérielle et administrative
à laquelle j’ai apporté, aux deux équipes nationales, mon soutien, je pense
ne pas avoir toujours été en mesure d’accorder l’attention souhaitée et
nécessaire à l’aspect pédagogique de l’échange, au combien inépuisable.
Un échange exige beaucoup de temps, d’efforts
et surtout
un travail d’équipe sans cesse à
recadrer, à redéfinir.
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