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  A L'EUROPE TOUTES SES COULEURS

 

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UN RESEAU SCOLAIRE ET CULTUREL EUROPEEN  -  LA PASSERELLE: une voie de communication francophone transfrontalière  qui a pour piliers les rencontres et les échanges interculturels entre les citoyens européens

 

 

 "Sur les traces d'Orphée"

Rapport: coordination pédagogique de l'échange franco-bulgare

      

Ateliers: Haskovo et Kardjali


SOMMAIRE

Rapport d’activité (atelier :activités et résultats) et évaluation

 


 

 

ATELIER : « Recherche documentaire –TICE- et méthodologie du projet»

ESPACE :  CDI/CFDI

 

 

Objectifs et finalités d’apprentissage :

1.Savoirs: compétences en informatique, en linguistique, et culturelles

-Brevet Informatique et Internet (B2I)

-Connaissance en français et en bulgare

-Connaissance des deux régions

2.Savoir-faire : compétences méthodologiques

-techniques pour agir sur l'information (trier, choisir, donner à voir l'essentiel, traduire)  

-techniques pour rechercher l'information, la documentation.

3.Savoir-être : compétences liées à la socialisation

-prendre conscience des exigences du travail collaboratif

-prendre l'habitude de travailler en groupe

-découverte des "Autres" dans leur différence culturelle

 

 

SOMMAIRE

 

Evaluation qualitative

1.Vue d’ensemble des activités de l’atelier et des résultats

2.Evaluation du travail

Résultats concrets  (diffusion des travaux)

 

Des OUTILS

1.Le Carnet de Bord

2.Le Site-Forum

-Objectifs pédagogiques du forum 

-Finalités principales du Site-forum:

a).Analyse et critique des préjugés et des stéréotypes

b).La correspondance scolaire et l’échange en langue étrangère

 

CONCLUSION

Trois types d’activités ont dominé l’échange 

Quel type d’échange ?

1.Linguistique ?

2.Vers un apprentissage interculturel : l’impact de l’expérience 

Quel type de projet mettre en œuvre ?

La classe patrimoine : lieu éducatif et de formation interculturelle

Evaluer le séjour: le questionnaire

Et les problèmes aussi sont formateurs !

 


Evaluation qualitative

1.Vue d’ensemble des activités de l’atelier et des résultats

 

Période  et  lieu

Activités

Résultats (sous forme de)

 

 

Septembre – octobre

 

 

CDI du Collège

d’Aix-en-Provence

 

-présentation des élèves français et constitution des groupes

-recherche documentaire sur la Bulgarie

-envoyer aux partenaires des documents sur la Provence

 

 

- fiches individuelles et de groupes

 

-lettres ouvertes des élèves

-prise de note, résumés

 

-colis (prospectus publicitaire, revues, magasines, vidéos,…)

 

Période  et  lieu

Activités

Résultats (sous forme de)

 

 

Novembre

(visite préparatoire en Bulgarie)

 

CFDI du Lycée bilingue de Haskovo

 

 

Lycée de Kardjali et

 d’ Ivailovgrad

 

 

-remise des fiches de présentation et des lettres ouvertes des élèves français

-présentation des élèves bulgares et constitution des groupes

 

-envoyer aux partenaires des documents sur les Rhodopes

 

 

 

-découverte de l’ « autre » et discussion

 

-fiches individuelles et de groupe

-lettres ouvertes des élèves

- colis (prospectus publicitaire, revues, magasines, vidéos,…)

Période  et  lieu

Activités

Résultats (sous forme de)

 

Décembre - mars

 

 

CDI d’Aix/et au CFDI des trois établissements scolaires bulgares

 

(consignes au mois de novembre et à distance

– via Internet)

 

 

-remise des fiches de présentation et des lettres ouvertes des élèves bulgares

-constituer un dossier documentaire ou panneaux d’affichage

sur un thème de leur choix

 

-tenir un Carnet de Bord

(remis à chaque groupe au mois de janvier)

 

-découverte de l’ « autre »  et discussion

 

-acquisition de la démarche de projet (les 6 étapes)

=thèmes en collaboration étroite avec les professeurs de français et d’histoire – géographie

(voir liste des productions)

 

Période  et  lieu

Activités

Résultats (sous forme de)

 

 

 

 

 

 

Avril

(séjour de bulgares en France)

 

 

CDI du Collège

D’Aix-en- Provence

 

 

 

 

- présenter une exposition au CDI

 (travaux des élèves bulgares)

-présenter le site-forum aux élèves français et bulgares

(fonctionnement et inscription)

 

-visiter les villes et la région

(voir : programme de visite)

 

-« Viens visiter ma ville » et « patrimoine historique »

(fiches voyage)

-Observer et étudier les différents styles architecturaux

(maisons provençales à comparer avec les maisons de la renaissance bulgare)

 

-panneaux d’affichage

(thèmes abordés autour de la Bulgarie antique et moderne)

-discussion et création des rubriques

(patrimoine culturel et naturel de vos deux régions)

 

-Journal du voyageur

(« Mes impressions » - fiches + forum)

 

 

-itinéraire de balade

(par l’élève–guide français)

 

-photos, croquis, commentaires

(page Web en construction)

Période  et  lieu

Activités

Résultats (sous forme de)

 

Mai

CDI d’Aix/CFDI des trois établissements scolaires bulgares

(consignes au mois d’avril et à distance - via Internet)

 

-correspondre personnellement et participer au Forum

 

 

 

-messages déposés dans différentes rubriques du Forum

Période  et  lieu

Activités

Résultats (sous forme de)

 

 

 

 

 

Juin

(séjour des français en Bulgarie)

 

 

CFDI des trois établissements scolaires

 

- présenter une exposition au CFDI

 (travaux des élèves français)

-visiter les villes et la région

(voir : programme de visite)

 

-« Viens visiter ma ville » et « patrimoine historique »

 (fiches)

 

-observer et étudier les différents styles architecturaux

(maisons de la renaissance bulgare à comparer avec les maisons provençales)

 

 

-panneaux d’affichage

(thèmes abordés autour de la Provence et des gallo-romains)

-Journal du voyageur

(« Mes impressions » fiches + forum)

 

 

-itinéraire de balade

(par l’élève–guide bulgare)

 

 

-photos, croquis, commentaires

(page Web en construction)

Période  et  lieu

Activités

Résultats (sous forme de)

 

 

 

Septembre

 CDI d’Aix

 

 

-s’auto- évaluer

(enseignants et élèves)

 

-mettre en place un

« COIN Bulgarie »au CDI d’AIX

 

 

 

-questionnaires

(dépouillement)

 

-espace Europe :

 découverte culturelle pour tous les élèves de collège

 

2.Evaluation du travail

Problème majeur: le manque de temps

D'un autre côté, demander aux élèves de venir travailler (car c'est quand même perçu comme un travail!) en dehors des cours (au CDI/CFDI) n'est pas toujours facile... Enseignement limité à deux heures par semaines (atelier extra-scolaire), soit un total de 20/30 heures réparties sur 9 mois (septembre à mai).

La première difficulté résulte d’un manque de motivation ressenti par les élèves qui ne comprennent pas tout de suite les finalités de cet apprentissage. La motivation n’était donc présente qu’à la veille de la tant attendue arrivée des correspondants.

Le travail prenait alors tout son sens et tous participaient activement et solidairement aux préparatifs de l’accueil.

Ce manque de motivation s’est moins vérifié du côté des élèves bulgares pour qui la langue française représente une possibilité d’ouverture vers l’Europe.

Pour pallier ces nombreuses difficultés, j’ai dû recourir à des moyens susceptibles de créer un désir réel et durable d’apprentissage chez les élèves.

Quelques exemples parmi d'autres:

Le forum de discussion (salons thématiques)

La mise en ligne de leur travaux

La préparation par les élèves eux-mêmes du séjour (accueil) s’est révélé également un excellent instrument de motivation.

Préparation de petits dépliants, prospectus touristiques pour chaque ville et site à visiter en Provence. Dépliants qui ont donnés lieu d’abord à une exposition au CDI du Collège Mignet au mois d’avril et ensuite à une exposition itinérante dans les trois établissements partenaires bulgares (elle leur a été confiée à leur départ).

Quelques frayeurs mais surtout beaucoup de joie et de satisfaction!

 

 

Résultats concrets

 

Ont été préparés les documents suivants : ( CDI/CFDI)

a) Panneaux d’affichage, dossiers, Cdrom, vidéo, album photos, dessins, pages Web.

b) La partie "publiable" des résultats sera prochainement visible sur le site du Collège Mignet et sur le Site-Forum – échange franco-bulgare

 


 

 Des OUTILS:

 1.Le Carnet de Bord

Ø      Le Carnet de Bord est envisagé comme un moyen, un outil au service des enseignants afin de suivre le projet des groupes et donc de les accompagner dans leurs démarches et de les conseiller.

Pour leur projet je voulais que chaque groupe produise des travaux originaux (dossiers documentaires, panneaux d’affichage, Cdrom, vidéo, pages Web…) et non un simple recopiage de livres, d’œuvres artistiques.

Après avoir envisagé différentes solutions j’ai opté pour le Carnet de Bord qui permettait  d’avoir un suivi régulier du travail des élèves et garantissait leur « créativité ».

Grâce au Carnet de Bord les élèves, regroupés par 5, travaillaient en autonomie sur les thèmes qu’ils avaient librement choisis (nos ancêtres, nos coutumes ancestrales, les personnages célèbres bulgares,  ma région, ….)

 

  • La composition du Carnet de Bord :

On peut s’appuyer sur le Carnet pour suivre mais aussi pour évaluer le travail effectué, le travail restant à faire, le fonctionnement du groupe…

C’est un outil de suivi, d’évaluation et non l’objet de l’évaluation car c’est un document de travail qui doit porter les traces de leurs hésitations et non un produit final qui doit être noté (cela dit un Carnet de Bord bien tenu donne des gages certains de réussite)

 

Lors des séances au CDI/CFDI les professeurs peuvent faire le point avec chaque groupe qui présente oralement puis à l’écrit leur vision de l’avancée des travaux, les problèmes rencontrés.

Ces séances ont pour finalité de recadrer, et de débloquer certaines situations (peu d’informations recueillies, problèmes de cohabitation au sein du groupe, difficultés à exploiter les informations recueillies…)

Cette nouvelle manière d’apprendre est très autonome et active. Je m’appuie sur une approche constructiviste selon laquelle l’apprenant n’est pas un réceptacle passif de l’information, mais est, au contraire, acteur de la construction de ses connaissances. Mes réflexions se sont enrichis également des travaux portant sur la dimension socioculturelle de l’acquisition

 

 2.Le SITE-FORUM: LA PASSERELLE

        « Construire une Passerelle vers la connaissance d’autres hommes et d’autres cultures, là où le blocage et les préjugés de toutes sortes empêchent une véritable communication. La frontière entre le moi et l’Autre recoupe celle entre les différents pays : l’Autre est celui qui habite de l’autre côté de la frontière (rivière) , qui parle une autre langue et appartient donc – par définition – à une autre culture. C’est cette « rivière » que les élèves ont à franchir. Au contraire la connaissance de l’Autre doit aboutir à mieux se connaître soi-même et être l’ambassadeur de son pays, de sa langue et de sa culture ».

Qui dit citoyenneté européenne, dit en même temps éducation à celle-ci et découverte d’un sentiment d’appartenance.

Ce contact subi avec les autres, qui devient contact éducatif et donc réfléchi,

 exige beaucoup de soin et d’attention.

 

La rencontre avant la rencontre (avant le séjour) :

Création du Site-Forum au mois de mars avant l’arrivée des élèves bulgares à Aix (présentation faite au CDI du Collège Mignet)

 

Objectifs pédagogiques du forum :

L’échange de documents réalisé par les groupes d’élèves a dans le cas du forum les sept objectifs suivants :

1- motiver à l’apprentissage de la langue étrangère;

2-mieux connaître son propre environnement pour pouvoir le communiquer (Provence et Rhodopes);

3- découvrir l’environnement d’un autre pays européen (La Bulgarie) ;

4- commencer à intégrer la dimension européenne dans la vie scolaire et créer un axe Est-Ouest;

5- améliorer les compétences linguistiques, communicatives et de recherche documentaire des apprenants ;

6- établir un contact en vue de rencontres ou de visites;

7- impliquer l’établissement et ses partenaires municipaux (Musées, Maisons de la Culture..)

Les Nouvelles Technologies peuvent aider à établir des échanges permanents entre classes entières et, à la différence des échanges de documents traditionnels, elles enthousiasment les élèves et leur suggèrent une façon plus active de travailler.

 

Finalités principales du Site-forum:

  • Analyse et critique des préjugés et des stéréotypes

            Ma recherche a été guidée par l’interrogation suivante : « quels sont les stéréotypes véhiculés par les médias et les manuels dans leur partie consacrée à la civilisation et qu’apportent-ils à l’apprentissage interculturel ? Comment préparent-ils à la rencontre avec une autre culture ? »

            Toute ces interrogations m’ont poussées à créer un Site-Forum où les élèves pourraient découvrir à loisir le charme de la Provence et des Rhodopes, grâce à un montage-iconographique

Toutes ces  « vues-liens actifs » imbriquées en forme de mosaïque sous le titre de "carte postale virtuelle de Provence" et "carte postale virtuelle des Rhodopes" leur permettraient de  se rendre compte, par eux-mêmes, des contrastes de chacune de ces cultures en visitant les sites culturels et institutionnels qui leur sont ici offerts.

            Les élèves seraient ainsi amenés à prendre conscience de ce qu’est un stéréotype et à l’appréhender de manière problématique : en effet derrière chaque image-cliché il y a une toute autre réalité culturelle à découvrir .

Il faut leur donner les moyens par l’interrogation et ensuite par l’analyse de leur différence (c’est-à-dire de la différence de leur propre histoire et de celle de leur(s) correspondant (s)) de construire une identité.

Peut alors s’élaborer, tout au long de l’échange une confrontation des « images, représentations réciproques », (reportage photographique à l’issu du voyage)

 

  • La correspondance scolaire et l’échange en langue étrangère

            L’objectif est, d’une part, sur le plan didactique, le perfectionnement des connaissances dans une langue étrangère ( le français et une sensibilisation au bulgare) et le moyen de rendre l’enseignement de ces deux langues vivantes plus authentique,  et d’autre part, sur le plan culturel, une meilleure connaissance de l’Autre et – à travers lui – de soi-même.

            La remise en question de l’espace-classe, lieu refermé sur lui-même, la préparation d’une rencontre authentique où la langue étrangère sera utilisée pour de vrai.

            En somme ce Site-Forum  prétend créer un espace de dialogue interculturel qui privilégie l’esprit de tolérance, de respect des différences et une meilleure connaissance de sa propre identité (individuelle et sociale).

            Tout cela ne suffit certes pas à préparer la rencontre, mais c’est un point de départ fécond et cela permet déjà de montrer que l’objectif de construction d’une identité prime, sous la forme d’un patrimoine à transmettre, à partager.

 


CONCLUSION

 

            Etant donné la courte durée du voyage ( respectivement : une semaine pour le séjour des bulgares et 12 jours pour le séjour des français), l’objectif principal est de sensibiliser les élèves participants à l’apprentissage  de la langue-culture de ces deux pays européens en faisant naître en eux des besoins réels et immédiats de communication orale et écrite.

            On considère comme participants non seulement ceux qui voyagent ou qui hébergent, mais aussi tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre, contribuent à l’accueil dans les salles de classe (enseignants des quatre établissements), qui encadrent pendant la récréation et au cours des visites et des activités extra-scolaires.

 

            Trois types d’activités ont dominé l’échange :

-Les activités extra-scolaires : tous les élèves et les enseignants accompagnateurs y ont été conviés (visites de sites d’intérêt historique ou écologique, rencontres sportives, soirées culturelles ou dansantes avec présentation des spectacles préparés par les élèves d’une des trois villes bulgares , Kardjali).

-Le partage de la vie quotidienne à l’école et dans la famille d’accueil : immersion totale de l’élève dans la vie scolaire et familiale.

 

            Quel type d’échange ?

  •  Linguistique ?

            Nous considérons que les échanges ont un rôle « actif » à jouer dans l’apprentissage des LV. Dans le cas de ce projet il s’agit du français langue étrangère (FLE) dans les lycées bilingues en Bulgarie.

En effet, l’enseignant peut faire en sorte que son objet de cours transforme une matière scolaire sclérosée et cloisonnée en un véritable instrument de communication nécessaire et utile. L’échange est un moyen de motivation mis à leur disposition.

Enfin, les échanges scolaires s’intègrent parfaitement dans les nouvelles méthodologies centrées plus sur les sujets apprenants (leurs besoins et leurs souhaits) que sur l’objet d’apprentissage : méthodologie de l’être et non de l’avoir.

 

            Dans l’échange les élèves et les professeurs sont confrontés alors à une situation d’apprentissage nouvelle: nouvelle conception de la langue où l’élève apprend surtout pour réinvestir ses acquis dans des situations réelles d’échanges langagiers.

Pour les premiers, il s’agit donc de mettre en pratique les acquis linguistiques de leurs élèves.

Il faut souligner cependant que cela ne constitue pas le premier enjeu pour les élèves eux-mêmes; ces derniers sont plutôt motivés par l’idée du voyage, par la rencontre de jeunes différents et semblable à eux, et plus loin derrière par la découverte d’un pays et d’une culture dont ils n’ont qu’une idée vague et stéréotypée.

 

            Pour  les enseignants, c’est un défi et en même temps une occasion de réfléchir à la notion d’identité, d’interculturalité.

Lors des réunions d’informations qui précèdent le voyage, nous n’ insistons jamais assez auprès d’eux sur cet aspect.

Ateliers: où on leur propose des activités de lecture, d’écriture, études de documents (différents supports) concernant la Bulgarie et la France pour assurer une meilleure préparation linguistique et culturelle au voyage. On leur demande également d’élaborer un matériel écrit et visuel concernant leur pays, la commune et le lycée d’où ils viennent.

 

            Mais si, comme nous venons de le voir, l’échange  est  d’abord « la mise en relation d’élèves appartenant à des systèmes scolaires différents et parlant des langues différentes en vue d’une meilleure compréhension de l’ « Autre» et de soi, le perfectionnement linguistique, et enfin la réalisation d’activités communes », un problème se pose dans les pays à langue de faible diffusion dont le système scolaire réserve une place importante à l’apprentissage des langues internationales anglais, français, allemand , espagnol.

Dans ces pays (la Bulgarie notamment ici), les apprenants sont des demandeurs fortement motivés qui souhaitent très tôt établir des contacts avec des jeunes de leur âge dans les pays dont ils apprennent la langue.

Mais le fait que leur langue ne soit enseignée hors de leur pays que très exceptionnellement ne joue pas en leur faveur. Quel intérêt le bulgare peut-il susciter en Europe occidentale ?

Les éventuels partenaires français que j’ai rencontré, n’y voyaient, le plus souvent, qu’une « perte de temps ».

Il faut faire accepter que l’échange ne soit pas exclusivement linguistique. Il est important de dépasser le cadre strict d’échanges linguistique

           Par ces échanges il s’agit d’accueillir aussi les pays de l’Europe centrale et orientale qui viennent juste de sortir de leur isolement.

Les établissements scolaires des ces pays frappent désormais à la porte.

  •  Vers un apprentissage interculturel : l’impact de l’expérience 

            Ce type de projet est marginal puisque préparé en dehors des heures de classe (extra-scolaire) et vécu souvent pendant des vacances scolaires (ce qui n’a pas été le cas ici).

            Il ne touche qu’un petit nombre d’élèves mais il questionne la système traditionnel d’apprentissage. Si l’on veut éduquer de futurs citoyens, il est indispensables de les initier à la diversité et à la complexité du réel et de leur permettre de l’aborder comme une donnée normale de l’existence. Une pédagogie interculturelle ne peut se contenter de donner un aperçu de connaissances sur tel ou tel pays étranger. Elle s’adresse à tous et doit viser à former l’adolescent dans sa relation à lui-même et à autrui.

            « La possibilité d’entrer en relation avec l’Autre, différent dans ses origines, ses habitudes, son milieu social, est possible à un sujet structuré dans la confiance et la capacité d’adaptation et qui a conscience de la part culturelle de son identité » affirme Geneviève Zarate.

La lutte contre la montée de la xénophobie et du racisme passe par l’éducation de la génération qui devra inévitablement gérer un monde pluriel.

 

            L’école y a sa responsabilité aux côtés de la famille et de la société.

           

Quel type de projet mettre en œuvre ?

            Comment organiser concrètement un projet d’échange entre des établissements bilingues et un collège français ?

Quatre établissements scolaires, quatre villes, deux pays, deux langues,

mais un seul  projet !

  • La classe patrimoine : lieu éducatif et de formation interculturelle

            Les élèves se sont rendus aussi bien en France qu’en Bulgarie sur des sites remarquables par leurs qualités artistiques, historiques ou paysagistes.

Le patrimoine considéré a été aussi bien un ensemble architectural (monastère, église, pont romain,  …) qu’un terroir (un village, …) , un milieu naturel (un mont, un fleuve,…).

            Une des caractéristiques de ces classes est d’associer des enseignants et des professionnels du patrimoine, archéologues, architectes, conservateurs, artisans….

Les élèves ont découverts et étudiés les lieux grâce à des cours donnés  sur place, qui ont été accompagnés d’enquêtes et d’entretiens avec des personnes liées au site (le Pont du Gard, la Camargue, Perpérikon à Kardjali, Mések à Haskovo, Musée ethnographique d’Ivailovgrad…)

Le tout a été ensuite complété par des ateliers conduits par des professionnels. Par exemple à Haskovo les élèves ont participé à des ateliers de production artisanale : peinture sur argile, fabrication de marténitza....

 

            La classe patrimoine s’accompagne d’un projet, et ne peut se concevoir sans un amont et un aval, aussi bien du côté de l’enseignant et de ses élèves que du côté des responsables du site (animateurs, professionnels).

            L’enseignant arrive avec une réflexion préalable qui tient surtout aux objectifs pédagogiques qu’il définit en matière de savoirs, de savoir-faire et de savoir-être. Il vient aussi avec un désir de travailler sur un patrimoine choisi en raison de son intérêt par rapport à un programme, à des goûts personnels, à une réponse adéquate qu’offre le site, la ville , le région visitée.

            Le thème de l’architecture m’a particulièrement intéressé (étude et comparaison du style des maisons provençales et du style des maisons de la renaissance bulgare).

Objectif pédagogique :observer, initier le regard. Il se centre sur le patrimoine architectural c’est lui que l’on regarde, que l’on tente de cerner, et qui inaugure une réflexion sur la notion même de patrimoine, renvoyant finalement à la notion d’identité, la manière d’être et de penser le monde.

            Naguère chez les voyageurs la réflexion, la vision s’exprimait dans le récit. Dans cette expérience d’échange et de classes du patrimoine j’ai prévu que les élèves-voyageurs utilisent plumes et papier, associés aux nouveautés techniques, pour fixer leurs observations (la photographie, le dessin-croquis).


            Projet Comenius 1 : ce projet d’échange, linguistique au départ, est davantage un projet « classes européennes du patrimoine ». Elles représentent une variante que les professeurs de langue peuvent exploiter.

La différences essentielles réside dans le contenu et les modes. En effet, le patrimoine concentre toute l’attention et le travail ; il est au cœur de l’échange, et il ne se réduit pas à un thème annexe, un support accessoire pour l’apprentissage de la langue.

La langue n’est d’ailleurs pas dans ce cas le but. Elle est conçue comme le véhicule, le vecteur indispensable de l’échange qui, lui, concerne la valeur culturelle du patrimoine. D’où le choix de  thèmes-salons du forum : patrimoine culturel et naturel de la Provence et des Rhodopes.


            Evaluer le séjour: le questionnaire

          C’est à l’élève d’évaluer l’apport du séjour effectué à l’étranger. Il s’agit ici d’une tâche complexe que l’élève doit remplir en peu de temps s’il veut profiter au maximum d'un séjour si bref et intense à la fois.

          Les visites préparatoires ont signifié pour moi plusieurs jours de réflexion et un attachement à bien déterminer les objectifs du travail pour conduire les élèves, à bien intégrer une démarche méthodologique et produire quelque chose qui donnera tout le sens à leur projet collectif.

          Pour les enseignants, il est dynamisant de prendre part à une expérience pédagogique qui leur permettent d’accompagner les jeunes dans la découverte d’eux-mêmes, des autres et du monde.

Au retour, le groupe restera certainement très soudé et les liens demeureront étroits et durables.

La conscience est vive d’avoir réalisé et réussi ensemble un projet et d’être à la fois capable de rentrer chez soi

et de voyager!


            Et les problèmes aussi sont formateurs !

          Les entretiens journaliers avec les élèves n’empêchent pas les situations de conflits mais permettent de les laisser surgir et s’exprimer et permettent de tenter de les résoudre.

Plusieurs jours de vie commune mettent chacun (élèves et enseignants aussi) en situation de vérité et par conséquent la communication s’approfondit avec beaucoup de sincérité et d’émotion.

Les revendications sur les heures de couvre-feu, les limites imposées à la liberté, les obligations quand on a la responsabilité, à l’étranger, de 28/30 adolescents, encore mineurs au regard de la loi, voilà des sujets de discussion, bien animée, au sein de l’équipe.


            Préoccupés également par l’organisation matérielle et administrative à laquelle j’ai apporté, aux deux équipes nationales, mon soutien, je pense ne pas avoir toujours été en mesure d’accorder l’attention souhaitée et nécessaire à l’aspect pédagogique de l’échange, au combien inépuisable.

 

Un échange exige beaucoup de temps, d’efforts

et surtout

un travail d’équipe sans cesse à recadrer, à redéfinir.

 


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